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16 mars 2019 : Révélons où repose le comte Rodolphe de Battine !

Après celles de Léo Chauliac, Roger Moore, Alfred Savoir, Rémy Kolpa-Kopoul, Claude Moliterni, Arnaud Hamelin, Paul Tourenne, Emmanuel Maubert, Bernard Spindler, Michel de Boüard, Gepetto Ben Glabros, Jacques Morali et Ida Rubinstein , une nouvelle sépulture inédite de célébrité...

Au cimetière Saint-Augustin de Morlaix (Finistère) repose le poète Tristan Corbière (1845-1875) qui fut un vivant incompris, tourmenté par la solitude, la douleur physique et la misère, moqué pour ses excentricités morbides, mais à qui son recueil Les Amours jaunes (1873), passé inaperçu à sa parution, apporta une éclatante vengeance posthume.

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Tristan Corbière


Tombé amoureux d’une petite comédienne d’origine italienne prénommée Armida Josefina, qu’il choisit de rebaptiser Marcelle, il lui fit une cour à son image, étrange, vouée à l’échec, enflammée et masochiste, aspirant à "lécher un peu d’amour qui ne fût pas payé".

"Le Poète et la cigale" est célèbre :

Le poète ayant chanté,
Déchanté,
Vit sa Muse, presque bue,
Rouler en bas de sa nue
De carton, sur des lambeaux
De papiers et d’oripeaux.
Il alla coller sa mine
Aux carreaux de sa voisine,
Pour lui peindre ses regrets
D’avoir fait - Oh : pas exprès ! -
Son honteux monstre de livre !...
"Mais : vous étiez donc bien ivre ?
Ivre de vous !... Est-ce mal ?
Écrivain public banal !
Qui pouvait si bien le dire...
Et, si bien ne pas l’écrire !
J’y pensais, en revenant...
On n’est pas parfait, Marcelle...
Oh ! c’est tout comme, dit-elle,
Si vous chantiez, maintenant !

Elle était la maîtresse du comte Rodolphe de Battine qui sembla accepter cette passion unilatérale, distrait par les extravagances d’un soupirant squelettique et tuberculeux qui n’aimait rien tant que les farces et les déguisements. Il l’accueillit dans sa propriété sarthoise mais sut aussi profiter de la passion de Corbière pour la mer et de son yacht, le Tristan, amarré à Roscoff.

J’ai localisé, il y a déjà quelque temps de cela, la tombe de ce comte Rodolphe de Battine (+ 1875) au Père-Lachaise, dans la 69è division.

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Si sa chapelle funéraire est armoriée, son épitaphe lutte avec peine contre l’effacement et les toiles d’araignée. On déchiffre néanmoins qu’il mourut à trente-six ans, ne survivant que deux mois à peine au poète singulier qui n’était jamais parvenu à le cocufier.