23 mars 2020 : Sacré Dufy !

67è anniversaire de la mort de Raoul Dufy et 139è anniversaire de la naissance de Roger Martin du Gard tous deux inhumés à Nice, au cimetière de Cimiez.

La ville de Nice ne s’y est pas trompée qui a fléché leurs tombes à l’entrée de son cimetière de Cimiez où j’ignore s’il est doux de reposer mais dont je sais combien il est réconfortant d’en pousser la grille et d’en admirer les trésors.
Le 23 mars, nous avons deux raisons de nous y attarder.

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Couchés à quelques mètres l’un de l’autre, Roger Martin du Gard (1881-1958) et Raoul Dufy (1877-1953) dorment au fond de l’allée étroite dissimulée derrière les bâtiments du monastère. De la tombe du premier, qui était né le 23 mars 1881, je vous avais déjà entretenu.
Honneur aujourd’hui au second.


Né au Havre sous un ciel chéri des peintres, il fixa d’abord sur la toile les tons changeants de la Manche et des plages de Fécamp ou Sainte-Adresse avant de découvrir la Méditerranée en compagnie de Braque puis de devenir célèbre autant grâce aux impressions pour tissus créées à la demande du couturier Paul Poiret qu’à ses costumes et décors de ballet (Le Boeuf sur le toit de Cocteau), ses lithographies, ses céramiques et ses toiles où éclate la fameuse "lumière couleur" : J’avais découvert mon système dont voici la théorie : à suivre la lumière solaire on perd son temps. La lumière de la peinture, c’est tout autre chose : c’est une lumière de répartition de composition, une lumière-couleur. (...) Ne croyez pas que je confonde la couleur avec la peinture. Mais comme je fais de la couleur l’élément créateur de la lumière, ce qu’il ne faut jamais oublier, la couleur par elle-même n’étant rien à mes yeux que génératrice de lumière, on voit qu’elle est dans ce rôle, avec le dessin, le grand bâtisseur de la peinture, le grand élément.


Au Musée d’art moderne de la ville de Paris est exposée sa Fée Électricité, peinture qui fut une des attractions de l’Exposition universelle de 1937 (il s’agissait alors du plus grand tableau du monde).


Marié à une Niçoise, Émilienne (1880-1962), il vécut plusieurs années sur la Côte d’Azur, représenta plusieurs fois la Baie des Anges mais termina sa vie à Forcalquier (cité célèbre pour son cimetière classé où les ifs taillés composent un prodigieux décor) où une crise cardiaque le terrassa le 23 mars 1953.


En reconnaissance, la ville de Nice lui accorda en 1956 cet emplacement exceptionnel.

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Nous aurons, je le souhaite, bientôt l’occasion de revenir à Cimiez pour y saluer un génie de la peinture, inhumé en contrebas : Henri Matisse.

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