28 juillet 2012 : Un fameux Brésilien qui ne jouait pas au football.

L’empereur du Brésil Pedro II domine l’histoire de son pays.

En 1540, c’est Thomas Cromwell qu’on exécute.
En 1794, le tour de Robespierre et des siens d’être raccourcis.
En 1976, Christian Ranucci, sans doute innocent, passe sous le couperet.
Ajoutons l’attentat de Fieschi contre Louis-Philippe (1835), la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie en 1914 ou le bombardement de Hambourg en 1943 par les Britanniques (plus de 40000 morts civils), et même, ce jour, la bataille d’Alep, le 28 juillet n’est pas une date où les hommes restent calmes.

En cette trêve olympique (on ne nous a guère rappelé depuis hier le vrai sens de cette période sacrée où l’esprit devrait tendre vers l’en-Haut et l’en-avant, comme aurait dit Teilhard de Chardin), dirigeons-nos vers le Brésil qui accueillera les prochains Jeux, en 2016.

Nonobstant mon goût de la geste sportive, qui transparaît dans les articles rédigés jour après jour, il me semble que le grand homme de cette nation n’est ni Pelé ni Ayrton Senna mais bel et bien l’empereur Pedro II (1825-1891).
Souverain éclairé, ami des écrivains et des scientifiques, plaçant plus haut que tout le sens du devoir, il fit abolir l’esclavage et régna plus de cinquante ans sur le pays avant d’être destitué par un coup d’Etat et de venir mourir à Paris. Bien loin de l’image du Brésiien que donne La Vie parisienne (Je suis Brésilien / j’ai de l’or/ Et j’arrive de Rio Janeir’/ Plus riche aujourd’hui que naguère/ Paris je te reviens encore...), il fut l’un des personnages les plus attachants de son siècle au point qu’on peut s’étonner de rencontrer le comte de Paris parmi ses descendants (mais il est vrai que la génétique a bien des mystères).
De ce grand souverain qui reposa à Lisbonne avant la translation de ses restes vers son pays (il avait exigé qu’on plaçât de la terre brésilienne dans son cercueil s’il devait mourir loin de chez lui) à Rio d’abord puis, depuis 1925, en la cathédrale de Petropolis, Victor Hugo (qui le reçut à la fin de sa vie mais on se demande qui Hugo n’a pas rencontré) écrivait déjà, dans ses indispensables Choses vues, à la date du 28 juillet 1846 :
L’empereur régnant du Brésil est un jeune homme de vingt-deux ans, doux, simple, tranquille. Il parle bien français. Il sait en outre l’anglais, l’italien et l’allemand. Il a beaucoup de goût pour l’astronomie. C’est un professeur français qui la lui a enseignée.

Pensera-t-on à nous parler de lui quand, dans quatre ans, le monde aura les yeux tournés vers le Brésil ?