27 mai 2012 : Louis-Ferdinand mais pas seulement

Anniversaire de Louis-Ferdinand Céline

La Seine a gelé cette année-là. Je suis né en mai. C’est moi le printemps.
Louis-Ferdinand Destouches, non encore Céline, débarqué rampe du Pont, Courbevoie, le 27 mai 1894.
L’insurpassable début de Mort à crédit, la mort de madame Bérenge, devrait être connu de tous, par coeur (entendons par le coeur) comme Léon-Paul Fargue professait que tout vrai Parisien devrait savoir sans faute le noms des quais de la Seine. Personne en ce jour anniversaire (j’y suis passé trois fois) devant la tombe des parents et grands-parents de Céline, juste le fantôme du gamin qui allait au bout de l’allée pomper les brocs pour les vases. N’aurait-il pas souhaité d’ailleurs se retrouver là, dans le Paris populaire, plutôt qu’à Meudon où Lucette n’en finit pas de ne pas le rejoindre et s’apprête à devenir cet été la plus jeune centenaire du monde ?

À part lui, c’est aussi un 27 mai mais bien plus récent qu’est née une fidèle amie du Père-Lachaise que j’ai la chance de connaître et qui place la littérature et les poètes au-dessus de tout, espèce devenue rare dans une nécropole livrée à un nombre croissant de guides, marchands d’orvietan qui s’en prétendent les spécialistes mais qui, si on leur apprenait que les égouts de la ville charrient soudain de l’or abandonneraient aussitôt stèles et sépulcres pour filer s’acheter des bottes...
Tout se paie, et la honte quelquefois aussi cher que la gloire, avait noté Toulet qu’elle, moi et, j’espère aussi certains parmi vous, vénérons.