23 juin 2012 : Aristide puissance 10.

23 juin 1926 : Aristide Briand forme son dixième gouvernement.

Jean-Marc Ayrault vient, nous le savons, de former son deuxième gouvernement, déjà surnommé par les journalistes Ayrault II. Le 23 juin 1926, Aristide Briand dévoilait, lui, la composition de son dixième (!) gouvernement.
Le premier datait de 1909, sous la présidence d’Armand Fallières (inhumé à Mézin, en Lot-et-Garonne) où Gaston Doumergue s’occupait de l’Instruction et des Beaux-Arts. Cette fois, "Gastounet" était locataire de l’Élysée et on trouvait aux Finances Joseph Caillaux (inhumé au Père-Lachaise) réhabilité après son procès devant la Haute Cour pour intelligence avec l’ennemi, à la Justice Pierre Laval (sa tombe est au cimetière Montparnasse) et aux autres postes des personnages de second plan réduits aujourd’hui dans les mémoires à l’état de spectres : Jean Durand à l’Intérieur (il repose à Castelnaudary, cimetière de l’Ouest), Adolphe Guillaumat à la Guerre (il occupe une des places de la crypte dite des Gouverneurs sous l’église Saint-Louis-des-Invalides), Léon Perrier aux Colonies (sépulture à Grenoble, cimetière Saint-Roch). Tous ne devaient rester en place que vingt-six jours...
Il y eut, en 1929, un onzième gouvernement Briand. Trois ans plus tard, celui qu’on qualifiait d’apôtre de la paix (il avait reçu le prix Nobel en 1926) était mené d’abord à Passy puis au petit cimetière de Cocherel (commune d’Houlbec-Cocherel, dans l’Eure) dont il était voisin (on aperçoit sa propriété et son colombier en gravissant le sentier qui mène vers sa tombe). Méprisé des socialistes qui s’estimaient trahis depuis qu’il avait quitté leurs rangs, haï par l’extrême-droite (Léon Daudet, enterré à Saint-Rémy-de-Provence, entre autres phrases délicates, eut ce jugement définitif : Il y a une unité dans cette existence de Briand : celle de l’Ignoble. Toutes ses pensées étaient du purin, allaient au purin.), Aristide Briand a établi, en onze étapes, un record dont il serait souhaitable qu’il ne fût pas battu.
Un autre jour, nous évoquerons Christian Pineau (le Père-Lachaise abrite sa tombe) qui ne fut président du Conseil... qu’une seule journée.