Qui repose à La Celle-les-Bordes ?

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Petit cimetière bucolique à la sortie de la commune (en direction de Saint-Benoît). S’il est "interdit aux rallyes" (ce même panneau se voit dans d’autres villages de la région...), il est, en revanche, accueillant au nécrosophe. Profitons-en.

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Quelques minutes permettent de passer devant chaque sépulture, certaines joliment fleuries.

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Un des carrés du cimetière abrite encore des vestiges du XIXè siècle que le XXIè achèvera de faire disparaître...

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J’ai noté la présence de quatre défunts dignes d’intérêt mais peut-être s’en trouve-t-il d’autres...

Georges BIDAULT (1899-1983). Ce professeur d’histoire (reçu premier à l’agrégation, devant Pierre Brossolette), membre de la démocratie-chrétienne et farouchement antimaurrassien avant la guerre, devint une haute figure de la Résistance, proche de Jean Moulin, et fut membre du Conseil national de la Résistance (puis président après la capture de Jean Moulin). Il était au côté du général de Gaulle lors de la célèbre descente des Champs-Élysées en août 1944.
Co-fondateur du MRP, il accéda à la députation (représentant la Loire) en 1945 et siégea jusqu’en 1962. Il présida, de juin à décembre 1946, le Gouvernement provisoire puis fut président du Conseil d’octobre 1949 à juillet 1950. En revanche, il ne parvint pas à la magistrature suprême en dépit d’une candidature en décembre 1953, après le septennat Auriol.
Partisan de l’Algérie française, il se rapprocha de l’OAS quand il comprit les intentions de de Gaulle, s’exila de 1963 à 1968, participa à la création du Front national avant de s’en éloigner après moins d’une semaine...
Il était Compagnon de la Libération.
Les médias eurent à peine le temps de commenter sa mort puisqu’il décéda vingt-quatre heures avant Louis de Funès.


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Avec lui repose son épouse, Suzanne BIDAULT (1904-1995) qui fut la première Française diplomate (attachée d’ambassade dès 1930). Elle doit une partie de sa célébrité à son ennemi juré, l’écrivain Roger Peyrefitte (enterré dans l’Aude, à Alet-les-Bains), qui fit d’elle "Mademoiselle Crapotte" dans son roman La Fin des ambassades. Bien que morte nonagénaire, elle n’eut pas le bonheur de lui survivre.


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Christopher FRANK (1942-1993), écrivain, scénariste et réalisateur. De son roman La Nuit américaine, Andrzej Żuławski avait tiré L’important, c’est d’aimer. Il réalisa lui-même Josepha (avec Miou-Miou) et L’Année des méduses (avec Bernard Giraudeau et Valérie Kaprisky) d’après ses propres romans. Une crise cardiaque l’emporta à 50 ans. Sa mort inspira à son frère d’âme Jean-Marc Roberts le livre Affaires personnelles.


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Charles MARCHAL (1882-1975), industriel et banquier (banque Périer).

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Enfin, sur la tombe d’un couple marié en 1929 et séparé par la mort en 1999, on lit :

On aime d’abord par hasard,
Par jeu, par curiosité,
Pour avoir dans un regard
Lu des possibilités.

Et puis comme au fond soi-même
On s’aime beaucoup,
Si quelqu’un vous aime, on l’aime
Par conformité de goût.

On se rend grâce, on s’invite
À partager ses moindres maux.
On prend l’habitude, vite,
D’échanger de petits mots.

Quand on a longtemps dit les mêmes,
On les redit sans y penser.
Et alors, mon Dieu, l’on aime
Parce qu’on a commencé.

Et aujourd’hui 70 ans ont passé...

Les amoureux auront reconnu, hormis la dernière ligne, le style de Paul Géraldy (inhumé au cimetière nouveau de Neuilly-sur-Seine, sur la commune de Nanterre).

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