15 juin 2018 : Maurane, si talentueuse et si Belge.

Bien triste, ce cimetière d’Auderghem perdu dans les faubourgs du sud de Bruxelles...

MAURANE (Claudine Luypaerts) (1960-2018), morte à cinquante-sept ans, y repose depuis le 17 mai 2018. Infiniment discrète.


Énième cadeau de la Belgique à la chanson francophone, immense interprète (coincée dans les anthologies, par les fantaisies de l’alphabet, entre Mireille Mathieu et Isabelle Mayereau), timbre de chanteuse de blues jouant de toutes les nuances de la mélancolie mais avec une folle énergie, se reconnaissant Claude Nougaro comme idole, elle se définissait elle-même comme un volcan (Je vis tout très fort. Je suis en éruption permanente. Et puis, parfois, je suis un volcan éteint. J’ai toujours consulté et je consulte encore. Je ris facilement, je pleure tout aussi facilement. Je peux être dans l’euphorie la plus totale mais, quand je plonge dans les abîmes de la détresse, les gens autour de moi ne savent pas quoi faire pour m’en sortir).

Père directeur de conservatoire et mère pianiste, elle avait trouvé la musique dans son berceau, étudié la guitare et le violon, commencé d’écumer les cabarets bruxellois avant d’être repérée par un connaisseur, Pierre Barouh.
Les succès s’enchaînèrent à partir de 1985 avec, à mon goût, une apothéose lors de sa collaboration avec Jean-Claude Vannier (sa voix tellement identifiable ne s’est jamais posée avec plus de grâce que sur ses mots et ses mélodies) qui lui offrit Ami ou ennemi et Sur un prélude de Bach.

Fragile, angoissée, pessimiste, elle fut retrouvée morte chez elle inanimée dans sa salle de bains au lendemain d’un retour sur scène que, guérie de ses problèmes de voix, elle espérait depuis deux ans.

Sa tombe ne se signale au regard que par la quinzaine de bouquets et de plantes déposés par amis ou admirateurs.

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Pour le moment, seule sa véritable identité est portée sur une simple croix de bois :

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Hommage à son goût des mots :

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Tout porte à craindre que sa sépulture ne sera, d’ici quelques années et plus tard encore, que peu visitée. Si vous souhaitez démentir ma prédiction, repérez-vous, côté gauche du cimetière, au panneau porteur de sa lettre initiale : elle repose dans le carré "M"...

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Ultime clin d’oeil, elle dont les proches ont tous salué le sens de l’humour, le goût des histoires et des calembours pouvait-elle se douter qu’elle reposerait non loin d’une certaine madame Ferire ?